Deux portraits de Jean Ranc rejoignent la collection du musée Fabre

Culture et Patrimoine
Communiqué de presse : Deux portraits de Jean Ranc rejoignent la collection du musée Fabre

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Lundi 24 avril 2017
destination culture
DEUX PORTRAITS DE JEAN RANC REJOIGNENT LA COLLECTION DU MUSÉE FABRE DE MONTPELLIER MÉDITERRANÉE MÉTROPOLE
Fidèle à la politique d'acquisition ambitieuse et dynamique du musée Fabre, Montpellier Méditerranée Métropole vient de préempter deux nouveaux tableaux : des portraits de Jean Ranc pour la somme de 30 000 euros. Ils rejoignent les oeuvres de l'artiste que possédait déjà le musée : l'un de ses chefs d'oeuvre Vertumne et Pomone (1710-1722) et une copie du portrait de Joseph Bonnier de la Mosson. L’acquisition de ces deux très beaux portraits originaux, dont la qualité d’exécution est remarquable constitue un enrichissement très fort pour le musée, complétant ainsi la collection des peintures d’artistes d’origine languedocienne du temps de la Régence. Ils permettent également de montrer aux visiteurs l’effigie d’un des personnages les plus célèbres de l’histoire de Montpellier, l'un des points forts du musée Fabre.
Jean Ranc est l’un des portraitistes les plus appréciés au temps de la Régence. Montpelliérain d’origine, il se forme auprès de son père Antoine Ranc puis se rend à Paris en 1703 où il entre dans l’atelier d’Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Ranc est reçu à l’Académie en 1707, en même temps que son compagnon d’atelier, Jean Raoux. En 1722, sans doute grâce à l’impulsion de son maître, il devient peintre du roi d’Espagne Philippe V.

L’œuvre de Jean Ranc se caractérise par un soin tout particulier apporté aux visages et vêtures mais aussi au chien et aux fleurs. Il est possible d’y déceler l’intervention de Pierre Nicolas Huilliot, peintre contemporain de natures mortes qui collaborait souvent avec Rigaud et Ranc sur ce genre de détails. Les drapés nerveux aux plis accentués participent quant à eux de la singularité plastique du style de Ranc.

Les portraits de Joseph Bonnier de la Mosson et de Anne de Melon

Portrait de Monsieur Joseph Bonnier de la Mosson - Portrait de Anne de Melon
Les deux portraits acquis par le musée Fabre furent réalisés vers 1702. C'est avant de gagner Madrid que Ranc peint le portrait de Joseph Bonnier de la Mosson, trésorier de la Bourse des États du Languedoc ainsi que celui de sa femme, Anne de Melon. Bonnier passait la majeure partie de l’année à Paris, profitant de son hôtel de Pomponne, acquis place des Victoires en 1716 et situé face à la maison que Ranc louait, rue des Fossés-Montmartre. La rencontre de deux languedociens dans la capitale où ils étaient voisins n’est donc sûrement pas anodine et explique l’exécution des tableaux. Parmi ces deux effigies, celle de Joseph fut exposée au Salon de 1704, deux ans après son mariage, à l’occasion duquel ils en auraient passé commande.

Joseph Bonnier de la Mosson achète la charge de trésorier de la Bourse des États du Languedoc en 1711. Capitoul de Toulouse en 1707 et trésorier de l’hôpital général de Montpellier pour l’année 1709-1710, il acquiert en 1714 la baronnie de Mosson et y fait construire un château à partir de 1723.

Ranc représente Bonnier de la Mosson assis dans un large fauteuil à haut dossier, recouvert de velours brun à décor de feuillages. L’un de ses bras repose sur une table à piétement ouvragé tandis que l’autre désigne l’extérieur gauche de la composition. Ranc utilise des couleurs froides et sombres comme le bleu soutenu du large manteau galonné d’or. Derrière Bonnier apparaît ce qui pourrait être une colonnade, comme celle visible dans le parc de son château. L’on sait que le décor est de fantaisie puisque Ranc, installé à Madrid dès 1722, ne retourna jamais à Paris après son départ en 1692 et ne connut donc pas la propriété de Bonnier.

Anne de Melon (1658 – 1727), fille de Guillaume de Melon, ancien receveur des tailles de Montpellier est tient à la main un œillet, symbole de l’amour constant. Assise dans un décor de jardin où l’on aperçoit une colonne à sa gauche et une fontaine à droite, Anne de Melon pose l’une de ses mains sur une corbeille de fleurs. La posture que Ranc choisit pour son modèle est la même qu’Hélène Monique de Langle adopte dans le portrait qu’il réalise en 1697.


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